Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 12:28

Dimanche 7 mars J = 34

Ø     Au petit matin, le vent a disparu, le soleil brille, nous prenons notre petit déjeuner dehors sous les palmiers, un grand moment de plaisir.

Ø     Nous regardons vers le sud une dernière fois mais nous décidons de commencer notre retour vers le grand nord ! Cela fait plus d'un mois que nous sommes partis et nous avons encore beaucoup de vallées et de villes à visiter.

Ø     Sur la route, arrêt à Tagounite pour quelques achats alimentaires.


tinfou-copie-1Ø     Nous arrivons à un point très touristique, les dunes de Tinfou. Enfin, nous devrions dire la dune de Tinfou. C'est une visite très prisée des tours-opérateurs qui donnent une sensation du désert à leurs clients : montée de la dune, un petit tour en dromadaires (de "faux" hommes bleus attendent là), photos, …. et hop on repart. Lors des 2 h environ de notre arrêt nous avons vu passer 3 bus de "Marmara".

Ø     Nous prenons notre repas de midi face à ce panorama. Un homme bleu s'approche, nous discutons puis nous l'invitons à prendre le café. Il nous avoue que les dromadaires restent là (nous nous en doutions car nous avions aperçu un tas de bottes de paille dissimulées derrière des tentes de nomades) et qu'ils sont prévenus par les chauffeurs de cars de leurs arrivées. A la fin il veut nous vendre des tapis, pas chers parce que nous sommes gentils, …. nous déclinons son offre de l'amener dans son dépôt au village voisin.

tamegroute-copie-1Ø     Arrêt au village de potiers de Tamegroute. Des artisans y perpétuent la tradition des poteries émaillées au manganèse, au cuivre, au safran, au henné, … mais nous ne faisons pas affaire alors on repart …

Ø     Finalement, nous faisons une courte halte à Zagora et préférons rejoindre Agdz afin de réduire la route de notre prochaine étape, Ouarzazate.

Ø     C'est avec une vue différente que nous réalisons le retour par la même route que nous avions empruntée vendredi matin. C'est l'après midi, les couleurs des vieilles kasbahs délabrées ont changé.






km 3675
: arrêt au Camping Kasbah de la Palmeraie d'Agdz

Ø     Nous retrouvons le camping de jeudi dernier, le patron nous reconnaît donc pas de fiche de police à remplir. Nous allons directement prendre place dans un emplacement libre de notre choix mais, aujourd'hui, le camping est plein alors nous nous installons  dans un endroit le moins mauvais possible pour la nuit.

 

Par anetja - Publié dans : Maroc 2010
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 12:26

samedi 6 mars J = 33

Ø     Nous passons Zagora sans s'arrêter longtemps. C'est une ville administrative et commerçante et mis à part les quelques bâtiments administratifs majestueux le reste ce sont des agences de randonnées en 4x4 et de treks dans le Sahara.

Ø     Nous prenons la vallée du Draa

Mahmid routeØ     La route file droit dans la plaine désertique. Elle est étroite et mérite toute notre attention aux croisements avec les autres véhicules, ce sont principalement des grands 4x4 chargés d'européens. Un vent de sable balaie le goudron . Il souffle de plus en plus fort à l'approche de Mahmid.

Ø     Le soleil est voilé par cette poussière de sable qui pénètre partout, elle donne une couleur rosée à tout l'environnement.


Mahmid draa










Ø     Arrivés à Mahmid ( la porte du désert), terminus de la route goudronnée, nous ne pouvons traverser le Draa pour aller à l'un des campings de la bourgade. 1 m d'eau environ surplombe le gué. Une dizaine de CC sont bloqués depuis 15 jours et attendent patiemment la décrue. Ils sont ravitaillés par des 4x4. Heureusement que nous n'avons pas commencé notre séjour par le pays intérieur ! Nous sommes assaillis par quelques "rabatteurs" qui veulent nous entraîner dans leurs terrains afin de nous vendre des randonnées en 4x4 ou en dromadaires.

mahmid placeØ     Le vent est devenu fort, nous décidons d'aller nous mettre à l'abri dans un village précédemment traversé.


km 3500
: arrêt au Camping Kasbah Oulad Driss.

Ø     Camping simple mais bien protégé du vent par la palmeraie et son mur d'enceinte de 2 m de haut.


Ouleddriss kasb









Ø     Nous en profitons pour visiter l'écomusée du Douar. Il rassemble quelques ustensiles et costumes de la vie des nomades dans le désert. Il est situé dans l'ancienne kasbah locale. Les salles sont en pisé "ciselé", les poutres sont en tamaris, un bois que les thermites n'attaquent pas et plus solide que le palmier. Nous sommes à l'abri du vent, on nous offre le thé, le guide est jeune et sympa mais il baille quelquefois signe d'une réelle fatigue ou que nous ne l'intéressons peut-être pas trop ? Pour terminer il nous amène dans les rues de la médina, un dédale impressionnant de ruelles et de couloirs couverts.

Ouled driss1

Ø     Nous essayons une visite du village mais nous rebroussons chemin devant la force du vent toujours présent. Une bonne douche chaude et hop au CC en attendant que ça passe. Nous utilisons notre couverture de protection du moteur contre le vent de sable, achetée à Sidi Ifni. Celle-ci n'empêche pas au sable de pénétrer par quelques aérations des fenêtres. Demain grand nettoyage !



Ø     Dans ce camping il y a un groupe de jeunes qui dorment dans les bungalows. Généralement les campings font aussi auberge dans des tentes ou des petits bungalows indépendants.

Par anetja - Publié dans : Maroc 2010
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 12:18

Vie et structure d'une kasbah (on peut écrire aussi casbah)

Vous trouverez-ci-dessous ce que j'ai retenu et compris dans le flot important d'informations données par Gaëlle à Agdz. Elle est intarissable et connaît son sujet sur le bout des doigts : 10 ans de vie commune avec son mari marocain dans la médina, ça forme. Elle parle l'arabe couramment.

 

AgdzkasbahUne kasbah est une habitation d'un dignitaire de la région. Celle d'Agdz concernait le Caïd Ali de la région. Il régnait sur toute la palmeraie et les communes environnantes. La kasbah est classée monument historique marocain et bénéficie donc d'aides conséquentes du royaume.

Ø     La kasbah a plusieurs entrées dévolues à des fonctions précises dont le dignitaire devait assumer la charge. Il devait assumer l'accueil des caravanes, l'accueil de sa famille, l'accueil des personnes qui venaient le consulter, l'accueil des bêtes.

Ø     Un visiteur doit rester 3 jours chez son invité :

o      Jour 1 : jour de l'arrivée, il est fatigué de son voyage donc il se repose.

o      Jour 2 : c'est le jour des échanges verbaux avec la famille accueillante.

o      Jour 3 : il doit se préparer pour partir.

o      S'il reste moins de 3 jours, il passe pour un goujat; s'il reste plus de 3 jours il s'incruste et on lui fait comprendre que ça suffit.

Ø     Les kasbahs sont généralement dans une palmeraie afin de trouver une qualité de vie et d'alimentation satisfaisante. Il fallait aussi que les visiteurs trouvent du fourrage et de quoi laisser reposer leur bétail.


AgdzplafØ     Il y a la partie des domestiques dans une première cour intérieure.

o      Pour Agdz, aujourd'hui, les pièces ont été transformées en de chaleureuses chambres d'hôtes. 2 de ces chambres possèdent un plafond décoré représentant la voûte céleste.

o      L'accès à ces salles se fait par une porte importante équipée d'une petite porte relativement basse (obligation de se courber en signe d'humilité) mais qui surtout évite une déperdition de chaleur l'hiver ou de fraîcheur l'été.

o      Lors de notre séjour, un stage de céramique réunissait une dizaine de participants allemands.

o      Il faut dire que cette kasbah bénéficie d'un échange culturel Maroc/Allemagne avec particulièrement un architecte allemand qui apporte la technicité du métier et se familiarise avec la technique du pisé que possèdent très bien les ouvriers marocains. Cette coopération culturelle a permis la restauration technique réussie d'une partie de la kasbah. Les allemands cherchent à retrouver cette technique du pisé qui est une solution écologique pour une bonne qualité calorifique en hiver et en été.

 

Ø     Le rez-de-chaussée de l'habitation est partagé en plusieurs zones aux utilités très précises :

o      la zone des taches journalières de la famille autour d'une deuxième cour intérieure.

o      Puis une zone pour les invitées avec une entrée indépendante ainsi que pour la zone des invités.

o      Ces 3 zones ont la particularité de n'avoir aucune porte en vis-à-vis, ce qui garantie une discrétion réciproque.

 

Ø     A l'étage, les appartements du Caïd. Une pièce centrale donne accès à différentes petites pièces dévolues à chaque éléments de la famille (grands parents, parents, enfants en couple). A noter que jusqu'à 3 ans les enfants dorment avec les parents. Après, les frères et sœurs dorment ensemble jusqu'à 7 ans parfois avec un des grands parents resté seul. Ensuite les filles et les garçons dorment séparément. Au fur et à mesure que les enfants sont en couple ils prennent une pièce.

Ø     Les différentes femmes du Caïd sont chargées d'une tâche particulière : le jardin ou le ménage ou les bêtes ou les enfants ou …. Chaque semaine elles changent de rôle.

Ø     De l'appartement du 1ier étage des moucharabiehs (fenêtres grillagées donnant sur la cour des domestiques ) par laquelle on peut voir et entendre sans être vu jalonnent le mur extérieur.

Ø     Il n'y a pas de signes importants de richesse à l'intérieur car ce n'est pas nécessaire. Quelques frises géométriques (la religion interdit les représentations humaines) décorent certaines pièces.

Ø     Il y a enfin le bureau du Caïd, finement décoré de faïences portugaises ou/et espagnoles. Ceci afin d'émouvoir le requérant qui en oublie le motif de sa visite.

Ø     Pour finir il y a les terrasses qui offrent un panorama extraordinaire sur la palmeraie et les montagnes environnantes.

Lors de la visite de la kasbah /musée d'Oulad Driss nous avons retrouvé pratiquement les mêmes éléments sous une architecture différente.

 

Par anetja - Publié dans : Maroc 2010
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 11:58

Vendredi 5 mars J=31

Ø     Route vers Zagora le long de la vallée du Draa, dite vallée aux milles kasbahs. C'est une route des caravanes qui échangeaient entre l'Afrique et l'Europe. En bas le Draa coule très fort, du jamais vu depuis 40 ans. Plusieurs villages sont encore isolés.

zagora panneauØ     Nous atteignons Zagora un peu émus car nous y étions venus en 1972 … en 2ch. Bien sûr nous ne reconnaissons pas la ville qui a beaucoup grandie. Seule la bâtisse des administrations nous revient à l'esprit. Elle a été restaurée et ressemble à une "meringue". Passage devant le fatidique panneau de Tombouctou qui a été déplacé de la route de Mahmid vers le centre du village. Il a dû aussi être repeint plusieurs fois. De grands hôtels (Fram, …) sont nés également ici. Ils sont bien intégrés dans l'architecture locale : murs couleur pisé, formes des kasbahs.

km 3385 : arrêt au Camping Auberge "Prends ton temps" de Zagora

Zagora boeuf



Ø     Camping près de la vielle ville. Super cadre, accueil sympa – certes intéressé, car il souhaite nous vendre une expédition en 4x4 sur 1.5 jours avec nuit en tente berbère pour 2400 dh - par l'un des frères, Belaid, maître des lieux. Nous ne discutons pas du prix mais cette balade en plus d'être chère n'est surtout pas dans nos objectifs. La visite rapide des villages ne convient pas aux choix de visites paisibles que nous réalisons depuis le 5  février. Le système on roule vite, on s'arrête, on prend une photo à l'endroit conseillé par le chauffeur et on repart car on n'a pas le temps, … trop peu pour nous depuis nos "grandes vacances". Ne crachons pas dans la soupe nous l'avons pratiqué lors de nos précédents voyages avec des tours opérateurs qui permettaient de remplir les 15 jours de vacances programmées. Nous sommes seuls dans ce camping ? Cela nous inquiète ? Nous comprenons ensuite que les CC ne viennent pas là car ils sont trop longs et le tourisme en bungalows n'est pas en pleine saison actuellement. Nous sommes de mauvais clients pour ce type d'hébergement !

Ø     Repas du soir au restaurant où nous voyons s'installer différentes personnes qui arrivent avec leurs instruments de musique. Nous dînons avec le groupe d'amis qui se retrouvent pratiquement tous les soirs ici pour un "bœuf" berbère d'enfer. Le patron est un virtuose du luth.

Ø     Mais le panneau "douches chaudes" est une garniture d'autant plus qu'il n'y a même pas d'eau aux douches. Nous partirons demain matin de ce camping.

 

Rappel : 1€ = 11 dh

 

Par anetja - Publié dans : Maroc 2010
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 19:13

Une palmeraie vie sur 3 étages.

dattier maledattier femelle

Fruits du dattier male
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                Fruits du dattier femelle
                    ---------------------------->







dattier femelle騠    Etage supérieur : les dattiers. Ils vont chercher l'eau à 30 m sous le sol environ. Ils fournissent l'ombre nécessaire aux plantes du niveau du sol qui brûleraient sous le soleil. Il y a les dattiers males (1 ou 2 dans une palmeraie suffissent) et les dattiers femelles qui fournissent les dattes. Pour faciliter qui fournissent l'ombre,

La pollinisation des fruits femelles (grappes jaunes) par les fruits males (grappes blanches) est facilitée manuellement, par la pose d'une branche male au milieu des branches femelles – le vent faisant le reste par dépôt du pollen, pour obtenir un rendement de 80 à 90 % des fruits. L'action naturelle ne produisant que 40 à 50 % de résultat.

Un dattier vit plus de 150 ans, on laisse les repousses grandir afin de remplacer le vieux dattier  que l'on abattra. Le déplacement d'un plan faisant perdre de 5 à 10 ans si la replantation est satisfaisante. parfois on met le feu au bas de l'arbre pour tuer un parasite. Seules la partie extérieure flambe, étouffant et brûlant les vers qui sont à l'intérieur. Le dattier ne souffre pas car c'est une plante et non un bois.

Le prix des dattes varient beaucoup suivant la qualité de 1 dh le kg à 100 dh la datte pour les meilleures. Les plus mauvaises sont laissés sur l'arbre, puis ramassées au sol et données aux bêtes en complément de nourritures.



potagerØ     Etage Moyen : les arbres fruitiers. Ils bénéficient de l'ombre des dattiers mais fournissent un complément d'ombre pour les cultures du sol. On y trouve des orangers, des amandiers, des oliviers, des cognassiers, …


féves















Ø     Etage inférieur : les cultures.

Zone des céréales : blé ou/et orge avec 2 récoltes par an, luzerne coupée régulièrement pour le bétail mais qui repoussent en une quinzaine de jours.

Zone du potager : fèves, carottes, navets, haricots, … Cette zone est souvent placée près de la réserve d'eau afin d'en faciliter l'irrigation.

Les animaux ne sont jamais en liberté dans les palmeraies. Ils restent à l'étable où on leur amène le fourrage. Souvent le travail des femmes.

 

Par anetja - Publié dans : Maroc 2010
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